Not afraid.
Coucou Christine,
J'avais envie de t'écrire depuis quelque temps. Je m'inquiète, ça fait deux-trois jours qu'on ne t'a pas invité sur un plateau de TV.
Ça ne t'empêche pas de dire de la daube sur Twitter.
Tu sais que depuis que j'ai 14 ans, je connais ton nom. Tu te rends compte?
Bientôt dix ans que tu es entré dans ma vie. Dix ans que je connais tes frasques. Dix ans qu'à chaque fois que ton nom est cité dans la presse, je sais que je vais me prendre une petite phrase assassine en pleine tête.
Le pire, c'est que mes copains hétéros ne savent même pas mettre un visage sur ton nom. Comme ils ne savent qui est Christian. Et leur vie ne s'en porte pas plus mal.
Quand j'étais ado, tu étais comme la vilaine sorcière de conte de fées qui brandissait son livre de sort, à l'Assemblée Nationale.
Une sorte de menace qui amplifiait la peur de rencontrer des gens de ton espèce.
Sauf que j'ai grandi Christine. J'ai grandi et j'ai enfin compris que ce mythe que tu entretenais, toi et tes camarades, n'était là que pour faire parler de vous.
Et ça fonctionne! Aujourd'hui je joue ton jeu en t'écrivant ce petit billet.
A vrai dire, c'est pour te faire une confidence: tu ne me fais plus peur.
Tu es comme du poil à gratter. Ce n'est pas très agréable mais on finit par s'en débarrasser.
Ou tu es encore comme un moustique dont on sait qu'il reviendra chaque été pour nous emmerder.
Sauf que toi, tu n'attends pas l'été, juste que l'on essaye de mettre en place des lois qui rendraient la vie des LGBT plus égalitaire.
Aujourd'hui, j'ai envie de te dire de savourer ces quelques mois qui symbolisent le chant du cygne de ta carrière politique.
Parce que cette loi va passer. Et d'autres passeront.
Le lobby gay ne s'épuisera jamais contrairement à toi.
Entre nous, tu commences à te fatiguer, non? J'imagine que c'est difficile de répéter les mêmes discours dépassés en boucle... Surtout quand des cardinaux et des maires du 8éme arrondissement parisien prennent la relève pour nous insulter.
Toi, tu n'arrives même plus à nous choquer. Tu provoques juste une vague lassitude.
La vérité, ma chère Christine, c'est que le monde a évolué sans toi.
La vérité, c'est que d'ici 15 ans, quand la famille que j'aurais fondée sera pleinement protégée par la loi, quand on montrera des histoires qui finissent bien en classe de maternelle, quand on enseignera les gender studies au collège, et quand la Marche des Fiertés passera sous les fenêtres de ta maison de retraite... mes enfants ne sauront pas qui tu es.
Et ça, ça sera une véritable victoire pour moi.
Avec toute mon antipathie pailletée,
Rock.
« mes enfants ne sauront pas qui tu es »
Presque : ça sera un vague nom qu’ils entendront quand on racontera à table, avec du bon vin et des vieux potes les quelques mois qui ont précédé l’ouverture du mariage
« antipathie pailletée », j’adore
Je la ressortirai celle-là !
c’est dommage qu’elle ne la lise pas (Christine, tu l’as lu ?)
Entre le nom du blog « I drive Alone » et la première phrase de l’article « Coucou Christine », j’ai cru un instant que tu t’adressais à ta voiture dans un genre d’hommage à Christine de Stephen King.
[...] de conte de fées qui brandissait son livre de sorts, à l'Assemblée nationale», écrit-elle sur son blog I Drive Alone, avant de préciser: «tu ne me fais plus peur». À [...]
« La vilaine sorcière de conte de fées ». Oui. Cela me rappelle une idée d’Alfred Hitchcock, qui disait « plus le méchant sera intelligent, meilleure l’histoire et donc le film seront ». Qu’il s’agisse de Christine Boutin en France ou de Sarah Palin aux USA, je crois que leur film est raté d’avance. De bourdes en sourdes attitudes et de bêtises en béquilles, elles ne passeront pas l’histoire, contrairement aux droits LGBT.
J’aime la formule de politesse en fin de lettre.
J’aime pas tellement le vouvoiement, mais dans certain cas je trouve que ça a plus d’impact, je comprends très bien tu la tutoie dans cette lettre mais la je sais pas ça me gêne je ne pourrais pas être familier avec cette femme, elle me dégoute trop.
En revanche, je suis d’accord avec toi, ses propos n’ont d’importance que si tu leur en donne.
Simple et efficace ! vraiment pas mal !
Comme du poil à gratter … excellent !!! C’est vrai que c’est pénible le poil à gratter !!
J’irai même jusqu’à dire : quand la Marche des Fiertés n’existera plus que dans les livres d’Histoire…
Excellentissime. J’avais très envie de faire la même, mais dans la mienne, il y avait encore une tentative de la faire venir à la raison la Cricri…
En fait elle est un peu comme Gargamel : à chaque épisode, on sait qu’elle va pointer son nez pour emmerder les schtroumpfs.
Tout est dit.
Nous leur disions de ne pas nous faire avaler des couleuvre avant même leur PACS, qui a juste permis de nous faire taire durant quelques mois… Maintenant, mesdames et messieurs les TDC d’homophobe, regardez nous, respirez notre liberté prochaine…